blason de Michel Bureau blason Michel Bureau

Petit aperçu de l'histoire et de l'architecture du Logis de Moullins



Petit aperçu de l'histoire et de l'architecture
du Logis de Moullins

Une situation géographique particulièrement dangereuse explique les guerres incessantes de l'immense domaine de Moullins. Les conflits nationaux également le dévastent. Un air de la Pléiade entoure Moullins et ce sont les guerres de Religion qui le modifient. Les lendemains de la révolution mutileront les bâtiments.
La vie architecturale de Moullins est tumultueuse mais impresionnante par l'ampleur des parties d'orignine et sa qualité architecturale de type gothique.
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Une situation géographique particulièrement dangereuse

Moullins et son immense domainele domaine propre de Moullins comprend 750 ha, avec 3 étangs, des fours et moulins banaux, mais aussi la seigneurie de paroisse sur Villaines-la-Carelle, Saint Rémy-du-Plain (devenu Saint Rémy-du-Val en 1964) et les Mées, auquelles étaient attachés, divers impôts et redevances (cens, dîmes,.) sont situés sur un lieu propice au développement de larges communautés, à la rencontre du comté du Maine, du comté de Bellême et du duché de Normandie. Grande exploitation agricole du 9e au 10e siècle, un immense prieuré bénédictin lui succède à partir de 995, puis une résidence seigneuriale, résidence privée des abbés de La Coûture, aux environs de 1500.

Les habitants de Moullins, permanents ou temporaires, ont été impliqués, la plupart du temps malgré eux, et parfois de leur fait, dans quelques grands conflits locaux ou nationaux.

Au niveau local, ce furent d'abord les guerres incessantes entre les comtes du Maine et les comtes de Bellême du 10e au 12e siècle pour la possession du Saosnois, extrémité nord du comté du Maine où se trouve Moullins. Sur les terres données par le comte Hugues du Maine à l'abbaye mérovingienne de la Coûture, au Mans, en 995, les comtes de Bellême installèrent à Saint Rémy-du-Plains, à 2km de Moullins, un château-fort mentionné dès 1097.

Les conflits nationaux

Ensuite, vinrent les affres de la guerre de Cent-Ans dans la province du Maine en particulier. Ils se soldèrent par le pillage puis l'incendie du prieuré en 1417, par l'armée du roi Henri V d'Angleterre. Le conflit national fût symbolisé par le bras de fer entre le roi François 1er et l'ensemble des corps constitués qui lui contestèrent le premier usage de son tout nouveau droit de désignerEn 1516, le jeune roi François 1er, dont les armées pressaient celles du Pape, avait arraché à Léon X le « concordat », c'est-à-dire le droit de nommer les évêques et les abbés mîtrés. les évêques et les abbés mîtrés, il s'agit des abbés des grandes abbayes auxquels le Pape a conféré la dignité épiscopale (= rang d'évêque), avec port d'anneau et de mitre. Le premier abbé mitré de la Coûture fût Pascal Huguenot, conseiller du roi Charles V, en 1399. concédé par le Pape Léon X, à de la mort, en 1518, du constructeur du logis abbatial de Moullins, Michel Bureau. Le conflit dura 6 mois, le jeune roi réussissant péniblement à imposer son autorité et son candidat, contre le fils spirituel de Michel Bureau, Jean Bougler prieur de Solesmes.

Un air de la Pléiade

Heureusement, la poésie est venue adoucir les relations entre les hommes. Un air de la Pléiade flotte sur Moullins. Guy Pécatte, moine et neveu du « Gouverneur de Moullins », Jean Dampont, vit le jour à Saint Rémy-du-Plains, vraisemblablement à Moullins. Il composa des odes en latin, qui connurent un certain succès au début du 16e, et initia à cet art Pierre de Ronsard, dont il fût le précepteur.

Les guerres de Religion

Ensuite, les guerres de Religion vinrent ensanglanter le Maine. Après la prise du Mans en 1562, l'abbé Nicolas Fumée installa son monastère à Moullins et dans « 3 maisons manables » des environs, pendant quelques années. L'abbé et ses dignitaires s'installèrent à Moullins. La chapelle fut agrandie pour accuillir l'ensemble de la communauté durant les 5 offices liturgiques. Dès 1619, les 750 ha de Moullins avec l'ensemble de ses bâtiments, ses 3 étangs, ses moulins et fours banaux furent affermés à un fermier général qui sous loua chaque partie. Bien du clergé, Moullins et son domaine, furent nationalisés à la Révolution et mis en vente en 7 lots séparés dès 1791.

La vie architecturale de Moullins

Deux époques subsistent à Moullins. Le milieu du moyen-âge avec la grande salle de plain pied montant sous charpente bâtie vers 1300 pour les réceptions, la prise des repas et pour rendre la justice. La fin du moyen âge avec l'ensemble seigneurial de 1500 comprenant logis abbatial, chapelle et colombier le tout dans un enclos protégé par un mur d'enceinte.

Les baies des parties médiévales relèvent de la première phase de l'art gothique1140-1240, ou « gothique primitif puis classique», il naît avec quelques nouvelles techniques architecturales utilisées lors de la construction de la Basilique de Saint Denis, et se continue, en s'enhardissant avec Chartres : élévation de la nef et des collatéraux, grâce à des reports de charges, on évide les murs pour insérer de grandes baies et de la deuxième phase ou gothique rayonnant, 1240 - 1350, la seconde partie du gothique caractérisée notamment par l'art du remplage des baies et la création de véritables murs de verre, illustrés par la Sainte Chapelle. La rose, ou rosace, mais aussi l a présence de trèfles, incarnent cette période tandis que le style de l'ensemble seigneurial de 1500 atteste de la troisième phase du gothique ou gothique flamboyant1350 -1510, les formes évidées des remplages prennent l'aspect de flamme, les décors se complexifient, à l'extérieur avec les gâbles des lucarnes, les pinacles des portes et à l'intérieur les « toiles d'araignées » dessinées par les voûtes. La Renaissance n'a que peu influencé l'architecture des bâtiments, si ce n'est une porte sur la façade est du Logis et un impressionnant retable vraisemblablement de l'atelier tourangeau de Guillaume Regnault,(1450-1538) neveu par alliance, compagnon et successeur de Michel Colombe, « prince des sculpteurs », Guillaume Regnault dirige l'atelier tourangeau à partir de 1511. On lui doit de nombreuses ouvres comme le tombeau des Poncher de Saint Germain l'Auxerrois et on lui attribue notamment plusieurs Vierges, dont la « Vierge d'Olivet » détruit en partie peu après la Révolution.